- NMO –
Neurothérapie par mouvements oculaires

LA NMO issue de l’EMDR est une pratique destinée à abaisser la charge émotionnelle vécue et ressentie après un évènement traumatique. En effet le but est d’aider le cerveau à dissocier le souvenir traumatisant de l’émotion négative afin que ce souvenir ou cet évènement n’entraine plus de souffrance.
Pour comprendre cette thérapie, il est d’abord important de clarifier le fonctionnement du cerveau en état de stress et de définir ce qu’est un traumatisme.

Pour commencer, le stress est une réponse de l’organisme à toute sollicitation tant interne qu’externe. C’est un syndrome général d’adaptation (Hans Selye, Biologiste).
Une des principales fonctions de l’organisme est de maintenir cet équilibre même en période de stress. C’est le principe de l’homéostasie.
Le stress est un mécanisme d’adaptation vital.

En revanche ce sont les situations et les manières d’agir qui vont conditionner son caractère positif ou négatif :

– Le bon stress ou eustress regroupe tout ce qui est source de stimulation, de passage à l’action et d’accomplissement (plaisir).
– Le mauvais stress ou distress englobe tout ce qui concerne le déplaisir, toutes les actions réalisées en contradiction avec ses pensées, ses volontés, son environnement.

Pour connaitre davantage la physiologie et les différentes phases du stress, notamment l’impact et le rôle du cortisol, retrouvez prochainement l’article consacré à travers l’onglet blog.

Les aires cérébrales impliquées dans le stress

Les aires de la coordination, de la cognition et des émotions sont directement impliquées et ciblées par le stress.
Essentiellement le trio amygdale, hippocampe et cortex préfrontal.

hippocampe

L’hippocampe

Il participe à des fonctions essentielles comme :
– à la vie relationnelle
– à la régulation de l’humeur
– à l’acquisition des connaissances par la mémorisation et la concentration
– à l’adaptation d’un individu à son environnement

L’amygdale, le siège de la peur

C’est une structure en forme d’amande située près de l’hippocampe. Elle joue un rôle essentiel dans la gestion de nos émotions et en particulier nos réactions de peurs et d’anxiété. C’est le siège des émotions les plus primitives. Elle a un rôle de survie car c’est grâce à l’amygdale qu’un individu va pouvoir réagir en une fraction de seconde à la suite d’un stimulus menaçant par l’intermédiaire de modalités sensorielles : olfactives, auditives, visuelles et sensitives. Elle a également un rôle important dans la reconnaissance des émotions.

amygdale
Le cortex préfrontal

Le cortex préfrontal

Le cortex préfrontal est en charge de notre capacité d’adaptation. C’est en quelque sorte la zone du cerveau responsable de l’esprit d’initiative, de la prise de décision, du sang froid et de la rationalité.
Ces trois structures sont directement impliquées dans la formation et le traitement d’un évènement traumatique ou d’une situation non gérée émotionnellement.
Pour retrouver la définition d’une émotion et ses composante, notamment sa phase de décharge, retrouver l’article dans l’onglet blog « Quand recréer du lien sans se toucher devient l’art du management en entreprise » www.sarahbennarrouche.fr/quand-recreer-du-lien-sans-se-toucher-en-entreprise/

Définition et formation d’un traumatisme

Selon le DMS-IV TR, le traumatisme psychique se définie comme étant un « évènement au cours duquel des individus ont pu mourir, être blessés, ou menacés de mort ou d’atteinte à leur intégrité physique ».
Il peut s’agir de viols, d’accidents, d’agressions, de catastrophes naturelles, de traumatismes de guerre, d’attentats terroristes, de prises d’otages…
La réaction immédiate se traduit par une peur intense, un sentiment d’horreur et/ou d’impuissance.
Face à l’évènement, des troubles vont apparaitre. Ils pourront être assez brefs (de 10 minutes à quelques heures) ou bien plonger la personne dans une pathologies plus importante, dans un état de stress aigu ou de stress post-traumatique.

Dans ce cadre, on remarque la présence : 
– De syndrome dissociatif comme des réactions de sidération (hébété, figé, sans voix, incapable de partir ou d’éviter le danger), une hyper réactivité (attaque de panique)
– Dépersonnalisation de soi
– Aréactivité émotionnelle (absence d’émotion)
– Amnésie dissociative (sur une période en particulier ou sur un type de souvenir précis)

A la différence du stress qui implique une réaction physiologique, le trauma inscrit une véritable blessure dans l’appareil psychique. C’est clairement l’image de la mort qui va s’incruster dans le psychisme de l’individu : c’est le syndrome traumatique.
Il se caractérise par le syndrome de répétition ou de reviviscence. Ce symptôme se déclenche de façon spontanée ou après un stimulus en lien avec le trauma et il apparait sous diverses formes (hallucinations auditives, visuelles, cénesthésiques). D’autres manifestations peuvent apparaitre comme les obsessions, les phobies (notamment la phobie de certains lieux), des dépressions, troubles addictifs, trouble de la personnalité et état suicidaire.
Dans ces états d’ultra stress, deux familles principales sont présentes :
– Le stress aigu
– L’état de stress post traumatique

Le stress aigu implique une exposition à un évènement traumatique.

Les troubles présents durent de deux jours à moins d’un mois, et la personne doit présenter certains symptômes précis associés à des symptômes anxieux.
Plusieurs prises en charge peuvent être proposées :
– Accueil des victimes auprès des CUMP (cellule d’urgence médico psychologique)
– Organisation de cellules de defusing, accueil de victime par petits groupes immédiatement après l’événement pour verbaliser et exprimer son expérience personnelle
– L’organisation de groupe de parole sur le lieu du trauma 24 à 72h après l’événement, c’est le débriefing.

Si les troubles persistent, cette continuité peut impliquer le développement d’un état de stress post-traumatique.

L’état de stress post-traumatique (EPST)

Pour que l’EPST soit déclaré, trois éléments doivent être respectés :

Cet évènement traumatique a pu être vécu personnellement, ou en avoir été témoin, ou d’apprendre qu’un évènement a été subi par un proche (c’est par exemple le cas lors des crashs d’avion).
L’ESPT se traduit par des conduites d’évitement, des comportements d’irritabilité, et une hyper activité du système nerveux. L’amygdale reste en permanence en alerte.

Zoom sur la peur et sur la neurobiologie du traumatisme

La peur fait partie des émotions primaires et se caractérise par le fait d’avoir un objet réel. A contrario de l’angoisse, qui est une peur sans objet. 
Pour réguler cette émotion, dans un premier temps le cortex cérébral va prendre conscience de la situation, l’analyser, raisonner et recadrer. C’est ce qu’on appelle la voie longue.

En revanche quand la peur est trop intense ou que l’événement se répète, la régulation ne peut se faire.

Le deuxième mécanisme de régulation est les rêves, particulièrement dans la phase de sommeil paradoxal. Durant cette phase, le pouls et la respiration s’accélèrent. Derrière les paupières closes du dormeur, on peut voir ses yeux bouger, ce qui représente en quelque sorte un cerveau éveillé dans un corps endormi.

Ce que nous vivons dans la journée serait stocké dans une sorte de mémoire temporaire (comparable à la mémoire vive d’un ordinateur) et serait retraité la nuit durant le sommeil paradoxal pour être transféré dans la mémoire à long terme (comparable au disque dur). Le souvenir « temporaire » serait revécu dans toute sa sensorialité pendant le rêve pour être intégré en mémoire à long terme. Cette phase se reconnaît à ces mouvements oculaires rapides qui l’accompagnent, d’où son nom en anglais : sommeil REM (Rapid Eye-Movement). L’hippocampe trie les informations par l’intermédiaire d’image et de sensation dans le corps. Durant les rêves, les informations difficiles sont retraitées.

En revanche

Si le choc émotionnel est trop intense ou qu’il se répète, les rêves ne suffisent plus à réguler l’émotion et le trauma s’installe.

De plus, durant cette phase, l’amygdale reste en hyperactivité en permanence et maintient le sujet en alerte comme si le danger était toujours là. Ce qui l’empêche d’accéder à des phases classiques de sommeil et le maintient dans son mal-être.

L’hippocampe n’arrive plus à traiter correctement les informations et à faire le tri. La mémoire est altérée et sa taille peut se réduire.

Au niveau corporel, les symptômes et les manifestations physiques et psychiques persistent.

Pour faire face à ces différents types de traumatismes, il y a différentes possibilités à l’aide de traitement médicamenteux et/ou de certaines psychothérapies.

La NMO issue de l’EMDR peut apporter une réponse efficace dans la diminution de la charge émotionnelle associé à un évènement traumatique.

Cette approche thérapeutique est le résultat de la découverte par Francine Shapiro et des travaux de David Servan-Schreiber en France. Il existe un processus naturel de guérison émotionnel : le traitement adaptatif de l’information (TAI).
Le modèle TAI explique que les souvenirs de traumatismes mal stockés créent des obstacles au traitement rationnel de l’information, qui se produit dans la zone du cortex préfrontal du cerveau.

En effet le système TAI est entravé et l’information acquise intégrant les perceptions sensorielles (images, son, odeur, goût), les sensations physiques, les affects et les vécus cognitifs (pensées, idées), est maintenue au niveau neurologique dans son état perturbant et « en alarme ». L’information reste ainsi figée dans le temps, coincée dans son propre réseau neuronal et incapable de se connecter à d’autres réseaux de mémoire contenant des informations adaptées (Francine Shapiro). Pour imager, c’est comme si la mémoire vive d’un ordinateur transmettait des informations erronées.

La stimulation bilatérale réalisée en NMO (et en EDMR), par le biais de mouvements oculaires, taping alternés ou stimulations auditives, va débloquer et engendrer un retraitement complet de l’information. En effet cette technique permettrait de reproduire les mécanismes proches de ceux effectifs dans la phase de sommeil paradoxal et stimulerait le transfert d’informations entre les différentes parties du cerveau, notamment entre l’hippocampe (siège de la mémoire) et le cortex (siège de la rationalité).

Le TAI fait évoluer l’information perturbante vers une résolution adaptée. Ce qui conduit à une réduction des symptômes de traumatisme :

Les applications de la NMO

La thérapie NMO s’adresse aux enfants, adultes et adolescents souffrant de difficultés émotionnelles liées : 

– À des « gros » traumatismes comme vu précédemment
– À des événements de vie « non digérés » émotionnellement comme un travail de deuil non finalisé, des fausses couches, IVG, accident de voiture, etc
– Certaines dépendances type dépendance au sucre, à l’alcool, au chocolat. Ce travail est généralement réalisé en complément et sous accord de psychiatres, médecins addictologues
– Les dépendances affectives notamment après une rupture, une séparation, un divorce
– Trouble du comportement alimentaire, en complémentarité d’un travail de thérapie enclenché en équipe pluridisciplinaires et sous accord du médecin spécialiste
– A des phobies ou des TOC (sous condition et en fonction du type de pathologie)
– En complément de préparation mentale pour développer davantage la motivation, axer la personne dans une ouverture au changement
– Développer le besoin de s’accomplir et déployer ses ressources. On est d’ailleurs ici dans une parfaite complémentaire NMO/Sophrologie ou NMO/Sophrothérapie. Pour retrouver les informations relatives aux thérapies brèves : https://www.sarahbennarrouche.fr/les-therapies-breves/

En résumé

L’avantage de la thérapie NMO réside dans l’efficacité et parfois la rapidité du traitement en fonction de l’évènement subit. Elle permet d’engendrer des sentiments positifs, de faciliter la prise de conscience et de modifier les croyances et les comportements.
Associée à d’autres thérapie, elle est également utilisée afin de renforcer les ressources internes du client/patient, lui permettant ainsi d’adopter les changements désirés.

En revanche, elle doit être pratiquée selon un certain protocole et l’alliance entre le thérapeute et le client/patient doit être solide, véritable et saine.

Quand est-il de cette pratique sur les phobies, les TOC et les TAG (trouble anxieux généralisé) ? 
Ces pathologies demandent davantage de préparation et nécessitent un travail plus important. Dans le suivi de ce type de problématiques, la NMO peut-être d’une grande utilité à condition de l’intégrer dans une approche psychothérapeutique plus large en association avec d’autres techniques. Comme par exemple les TCC, l’hypnose, la Sophrothérapie etc.
A noter également, cette technique ne permet pas de faire disparaitre un souvenir, mais de se libérer de la charge émotionnelle associé à ce souvenir.
Comme tout travail thérapeutique, s’engager dans ce type de démarche implique une ouverture au changement. Se libérer d’un traumatisme n’est pas anodin.
Aussi il est capital d’être prêt et accompagné à cela pour accéder à ce mieux-être recherché.

Vous souhaitez obtenir plus d’informations à ce sujet ? 

Je suis à votre écoute pour en discuter et échanger ensemble par téléphone ou par email à l’aide du formulaire ci-dessous